Droits
Surendettement : déposer un dossier, la commission, les mesures possibles
Par la rédaction de Comparons les banques publié le mis à jour le Rédigé avec l'aide d'une IA · En savoir plus
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L'essentiel
Vous êtes en situation de surendettement quand vous ne pouvez manifestement plus faire face à l'ensemble de vos dettes, professionnelles et non professionnelles, exigibles ou à échoir, en étant de bonne foi (code de la consommation, article L711-1, version en vigueur depuis le 16/02/2022). Le dossier se dépose gratuitement à la Banque de France, en ligne, au guichet ou par courrier, sans intermédiaire, et la commission de surendettement dispose de 3 mois pour se prononcer sur sa recevabilité et son orientation. Elle peut ensuite rechercher un plan amiable avec vos créanciers, imposer des mesures d'une durée totale de 7 ans au plus, ou orienter le dossier vers un rétablissement personnel qui efface les dettes. En 2024, 480 000 personnes surendettées étaient recensées (Observatoire de l'inclusion bancaire, rapport du 27/06/2025).

Ne plus arriver à payer ses dettes arrive souvent après un accident de la vie : perte d’emploi, séparation, maladie, baisse de revenus. La procédure de surendettement existe pour cela. Elle est gratuite, elle passe par la Banque de France, et elle protège pendant qu’elle se déroule. Voici les étapes, avec les délais et les textes en vigueur au 15/10/2026.
Le surendettement, c’est quoi ?
Le code de la consommation (article L711-1) ouvre la procédure aux personnes physiques de bonne foi qui sont dans l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble de leurs dettes, professionnelles et non professionnelles, exigibles et à échoir. Depuis la loi du 14/02/2022, la définition vise aussi les dettes professionnelles, en plus des dettes personnelles.
Quelques précisions utiles :
- la bonne foi est exigée : une dissimulation, une fausse déclaration ou un endettement volontaire conduit au rejet du dossier ;
- être propriétaire de sa résidence principale n’empêche pas d’être reconnu surendetté ;
- les Français domiciliés à l’étranger peuvent déposer un dossier si leurs dettes ont été contractées auprès de créanciers établis en France ;
- les amendes et les condamnations pénales ne peuvent être ni rééchelonnées ni effacées ;
- la démarche est personnelle : un conjoint peut déposer seul, sans être lui-même inscrit au FICP.
Selon la Banque de France, environ 95 % des dossiers déposés ces dernières années ont été acceptés.
Déposer un dossier à la Banque de France
En ligne. En métropole, si vous déposez seul ou à deux et n’êtes pas sous protection judiciaire (tutelle, curatelle, sauvegarde de justice), créez votre espace personnel sur le site de la Banque de France, avec un identifiant FranceConnect, puis remplissez le dossier en ligne. Enregistrez régulièrement : la signature est définitive quand vous confirmez.
Sur papier. Remplissez et signez le formulaire (à télécharger, à retirer au guichet ou à demander), joignez les justificatifs et une lettre qui explique votre situation, puis déposez le tout dans un guichet de la Banque de France ou envoyez-le en courrier simple à : Banque de France Surendettement, TSA 41217, 75035 Paris Cedex 01. Pas de colis ni de coursier ; au-delà de 3 cm d’épaisseur, le dépôt au guichet est indispensable.
Les pièces obligatoires : une copie de votre pièce d’identité, votre avis d’imposition ou de non-imposition, et les relevés de tous vos comptes bancaires avec leur IBAN. D’autres pièces peuvent être demandées ensuite ; n’envoyez que des copies, les documents ne sont pas restitués.
En outre-mer, le dossier se dépose auprès de l’IEDOM. Un agent de la Banque de France peut relire votre dossier avant l’envoi : appelez le 34 14, du lundi au vendredi, de 8 h à 18 h.
La commission de surendettement
| Étape | Délai | Source |
|---|---|---|
| Vérification du dossier, attestation de dépôt et inscription au FICP | environ 48 heures après réception d’un dossier complet | Banque de France |
| Décision sur la recevabilité et l’orientation | 3 mois au plus ; en général 5 à 6 semaines | Banque de France |
| Recours contre une décision d’irrecevabilité | 15 jours après réception de la lettre | Banque de France ; service-public.gouv.fr |
| Contestation de l’état détaillé des dettes | 20 jours après réception | Banque de France |
| Retour du coupon après l’échec d’un accord amiable | 15 jours après réception du courrier recommandé, sinon le dossier est clos | Banque de France |
| Durée totale des mesures de remboursement | 7 ans au plus, sauf exceptions pour la résidence principale | code de la consommation, articles L732-3 et L733-3 |
La commission examine votre situation personnelle, familiale et professionnelle, vos dettes, votre patrimoine et votre capacité de remboursement. Le dépôt n’est pas annoncé à vos créanciers ; ils sont informés si le dossier est déclaré recevable.
Ce que change la recevabilité (Banque de France et service-public.gouv.fr) :
- les saisies en cours sont suspendues et de nouvelles saisies sont interdites jusqu’à la fin de l’instruction, dans la limite de deux ans, sauf pour les dettes pénales ou alimentaires ;
- les intérêts et pénalités de retard des dettes prises en compte sont arrêtés ;
- vous ne devez plus rembourser vos crédits ni payer les dettes antérieures à la recevabilité, ni aggraver votre endettement ou céder votre patrimoine, sauf autorisation du juge ;
- vous continuez à payer votre loyer, vos factures courantes, vos impôts, les pensions alimentaires et les amendes ;
- votre banque maintient votre compte et des moyens de paiement adaptés ; un rejet de prélèvement ne peut pas vous être facturé ;
- la suspension d’une expulsion n’est pas automatique : la commission peut la demander au juge.
Les mesures possibles : plan, mesures imposées, rétablissement personnel
Après la recevabilité, la commission oriente le dossier vers l’une de trois voies.
- Le plan conventionnel de redressement : surtout si vous êtes propriétaire, la commission recherche un accord avec vos créanciers (étalement, baisse des mensualités ou du taux, report de paiement, vente d’un bien). La commission fait tout son possible pour que vous gardiez votre résidence principale.
- Les mesures imposées : si vous n’êtes pas propriétaire, ou si l’accord échoue, la commission décide elle-même des mesures, qui s’imposent à vous et à vos créanciers, sauf contestation devant le juge.
- Le rétablissement personnel : quand la situation est irrémédiablement compromise, c’est-à-dire qu’aucune amélioration significative n’est prévisible, il efface les dettes (voir ci-dessous).
Le plan et les mesures imposées ne peuvent durer plus de 7 ans au total, révisions comprises (articles L732-3 et L733-3). Ils peuvent aller au-delà pour rembourser le prêt de la résidence principale quand cela évite sa vente.
L’effacement des dettes
Le rétablissement personnel prend deux formes :
- sans liquidation judiciaire, si vous ne possédez que des biens meublants nécessaires à la vie courante : la commission peut effacer vos dettes ;
- avec liquidation judiciaire, si vous avez un patrimoine qui peut être vendu : un juge traite le dossier, fait vendre les biens, hors meubles nécessaires, et peut effacer les dettes restantes, sauf exceptions prévues par la loi.
L’effacement est décidé par la commission de surendettement, ou par le juge en cas de liquidation judiciaire, à l’issue de la procédure. Les amendes et condamnations pénales restent dues dans tous les cas.
Le surendettement et le FICP
Le dépôt du dossier entraîne une inscription au fichier des incidents de crédit, qui dure toute la procédure (elle est annulée si le dossier est rejeté). Pendant un plan ou des mesures imposées, l’inscription dure 7 ans au plus ; si vous respectez le plan sans incident, la radiation intervient au bout de 5 ans. Après un rétablissement personnel, elle dure 5 ans. Le détail, la consultation et la contestation sont expliqués dans la page sur le fichage au FICP.
Le FICP ne doit pas être confondu avec le fichier central des chèques : un chèque sans provision non régularisé relève de l’interdit bancaire, une procédure distincte.
Les signes qui doivent alerter
C’est l’impossibilité manifeste de faire face à ses dettes qui ouvre la procédure (article L711-1), pas un montant. Quelques situations doivent pousser à demander de l’aide sans attendre :
- un découvert devenu permanent, ou des frais d’incidents chaque mois ;
- des retards de loyer, d’énergie ou d’impôts ;
- un nouveau crédit souscrit pour rembourser un ancien ;
- des relances de créanciers ou d’une société de recouvrement.
Avant de souscrire un crédit de plus, rappelez-vous qu’un crédit vous engage, doit être remboursé, et que son coût est plafonné par le taux d’usure du trimestre. Et si les remboursements ne sont plus tenables, la procédure de surendettement est précisément faite pour cette situation.
Se faire aider : Points conseil budget
Vous n’êtes pas obligé de constituer le dossier seul. Les Points conseil budget, ouverts à tous et gratuits, accompagnent les personnes en difficulté financière ou qui anticipent un changement de situation (portail Mes questions d’argent, Banque de France). Les centres communaux d’action sociale, les travailleurs sociaux et les associations aident aussi à remplir le dossier.
Questions fréquentes
Le dossier de surendettement est-il payant ?
Non. La procédure est gratuite et mise en œuvre par la Banque de France. Vous pouvez vous faire aider gratuitement par un Point conseil budget, un centre communal d'action sociale ou un travailleur social. Aucun intermédiaire n'est nécessaire pour déposer le dossier.
Combien de temps dure la procédure ?
La commission dispose de 3 mois au plus pour se prononcer sur la recevabilité et l'orientation du dossier ; en pratique, la première décision intervient en général 5 à 6 semaines après le dépôt, selon la Banque de France. Les mesures de remboursement durent ensuite 7 ans au plus, sauf exceptions liées à la résidence principale.
Qui paie les dettes d'un dossier de surendettement ?
C'est toujours le débiteur, selon ses capacités : la commission adapte les remboursements (étalement, baisse du taux, report de paiement), et peut aller jusqu'à l'effacement des dettes quand la situation est irrémédiablement compromise. Les dettes effacées sont perdues pour les créanciers. Les amendes et condamnations pénales ne peuvent être ni rééchelonnées ni effacées.
Peut-on garder son compte bancaire pendant la procédure ?
Oui. Une fois le dossier déclaré recevable, la banque doit maintenir le compte et des moyens de paiement adaptés ; les rejets de prélèvement ne peuvent pas être facturés et les commissions d'intervention sont réduites. Vous ne devez plus utiliser de cartes de crédit ni souscrire de nouveau crédit.
Mon employeur sera-t-il informé ?
Non, sauf s'il vous a lui-même prêté de l'argent. La Banque de France précise que le dépôt d'un dossier ne constitue pas un motif de licenciement.
Sources
- Code de la consommation, article L711-1 (définition, version en vigueur depuis le 16/02/2022), Légifrance — consulté le
- Code de la consommation, articles L731-1 à L733-17 (plan conventionnel, mesures imposées, durée de 7 ans), Légifrance — consulté le
- Banque de France, dossier de surendettement : déposer un dossier — consulté le
- Banque de France, détail de la procédure de surendettement — consulté le
- Banque de France, foire aux questions sur le dossier de surendettement — consulté le
- Banque de France, « Le surendettement » (mis à jour le 24/09/2026) — consulté le
- Service-public.fr, décision sur la recevabilité du dossier de surendettement (vérifié le 03/01/2025) — consulté le
- Service-public.fr, fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (vérifié le 25/09/2025) — consulté le
- Mes questions d'argent (Banque de France), réduire ses dettes et Points conseil budget — consulté le
- Observatoire de l'inclusion bancaire, rapport 2024 (27/06/2025) — consulté le
Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
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