Droits
Interdit bancaire et fichage au FCC : durée, conséquences, sortie
Par la rédaction de Comparons les banques publié le mis à jour le Rédigé avec l'aide d'une IA · En savoir plus
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L'essentiel
Un chèque sans provision que vous ne régularisez pas après l'injonction de votre banque entraîne une interdiction d'émettre des chèques sur tous vos comptes, inscrite au fichier central des chèques (FCC) de la Banque de France pour 5 ans au plus à compter de l'injonction (code monétaire et financier, articles L131-73 et L131-78). L'interdiction prend fin dès que vous régularisez, en payant le bénéficiaire ou en laissant sur le compte une provision suffisante, et votre banque doit alors prévenir la Banque de France dans les 2 jours ouvrés. Un découvert dépassé ou un prélèvement rejeté ne rend pas interdit bancaire ; un crédit impayé peut, lui, mener au FICP. Vous gardez droit à un compte, et l'offre réservée aux clients en situation de fragilité financière est plafonnée à 3 € par mois (article R312-4-3, en vigueur au 15/10/2026).

Être interdit bancaire n’est ni une condamnation ni la fermeture de votre compte : c’est une interdiction d’utiliser des chèques, déclenchée par un chèque sans provision que vous n’avez pas régularisé. Elle se lève dès que la situation est réglée. Voici d’où elle vient, ce qu’elle change et comment en sortir, avec les textes applicables au 15/10/2026.
L’interdit bancaire : définition et durée
L’expression courante désigne l’interdiction d’émettre des chèques. Tout commence par un chèque que votre banque refuse de payer faute de provision suffisante. Avant ce refus, elle doit vous informer des conséquences du défaut de provision ; si elle rejette le chèque, elle vous adresse une injonction : restituer à toutes vos banques les formules de chèques en votre possession et ne plus en émettre (code monétaire et financier, article L131-73).
Sans régularisation, l’interdiction dure cinq ans à compter de l’injonction (article L131-78). Elle s’applique à tous vos comptes, y compris ceux ouverts dans d’autres banques. Sur un compte joint, elle frappe chaque cotitulaire, sauf si vous aviez désigné ensemble, avant tout incident, un responsable unique : l’interdiction ne vise alors que lui.
Un juge peut aussi prononcer une interdiction judiciaire d’émettre des chèques, comme peine complémentaire. Celle-là ne se lève pas par anticipation : elle ne se conteste que par un recours contre la décision.
Le rejet d’un chèque est facturé dans des limites réglementaires : 30 € au plus pour un chèque de 50 € ou moins, 50 € au plus au-delà (service-public.gouv.fr, fiche « Incidents de paiement »).
Le fichage au FCC de la Banque de France
Votre banque déclare l’interdiction à la Banque de France, qui l’inscrit au fichier central des chèques (FCC) et retrouve tous les comptes ouverts à votre nom grâce au fichier des comptes bancaires. Le FCC recense aussi les retraits de carte bancaire décidés par une banque après un usage abusif.
| Inscription au FCC | Durée maximale | Fin anticipée |
|---|---|---|
| Interdiction bancaire d’émettre des chèques | 5 ans à compter de l’injonction | oui, dès la régularisation de tous les chèques |
| Interdiction judiciaire d’émettre des chèques | 5 ans | non, seulement par un recours contre la décision |
| Retrait de carte bancaire pour usage abusif | 2 ans | oui, après régularisation |
Durées relevées sur service-public.gouv.fr, fiches « Fichier central des chèques » (vérifiée le 21/07/2026) et « Interdiction d’émettre des chèques » (vérifiée le 09/10/2026).
Les banques consultent ce fichier, notamment avant de remettre un premier chéquier. Une inscription peut vous valoir le refus d’un chéquier ou d’une carte, mais elle ne vous retire pas le droit d’avoir un compte.
Comment savoir si l’on est fiché
Votre banque doit vous prévenir par écrit, en indiquant le motif ; pour une interdiction d’émettre des chèques, par lettre recommandée avec avis de réception. Pour vérifier vous-même, demandez à la Banque de France le relevé de vos données :
- en ligne, depuis votre espace personnel sur le site de la Banque de France ;
- au guichet d’une succursale, sur rendez-vous, avec une pièce d’identité ;
- par courrier signé, accompagné de la copie recto verso d’une pièce d’identité qui mentionne votre lieu de naissance.
Le relevé indique l’établissement déclarant, le compte concerné, le motif et la date de fin de l’interdiction. Aucune information personnelle n’est donnée par téléphone ; le 34 14, numéro de la Banque de France, renseigne sur la démarche du lundi au vendredi, de 8 h à 18 h. Seuls vous-même, ou une personne munie de votre procuration, pouvez obtenir ces informations : un site qui propose de « vérifier votre fichage » ou de vous « déficher » contre paiement ne fait rien que vous ne puissiez faire directement.
Sortir de l’interdit bancaire : la régularisation
Vous retrouvez le droit d’émettre des chèques dès que vous avez régularisé tous les chèques impayés (articles L131-73 et L131-78), sans attendre la fin des cinq ans.
| Étape | Ce que vous faites | Ce qui suit |
|---|---|---|
| 1. Régler chaque chèque impayé | soit vous payez directement le bénéficiaire et gardez une preuve du paiement, soit vous laissez sur le compte une provision suffisante et disponible, réservée au paiement du chèque à sa nouvelle présentation | le chèque est considéré comme régularisé |
| 2. Prévenir votre banque par écrit | vous lui remettez les preuves et lui demandez de constater la régularisation | elle doit en informer la Banque de France dans les 2 jours ouvrés |
| 3. Contrôler la radiation | vous demandez un nouveau relevé à la Banque de France | l’interdiction disparaît du FCC |
La régularisation ne fait pas disparaître les frais de rejet déjà facturés. Si plusieurs chèques ont été rejetés, chacun doit être régularisé.
Les conséquences : chéquiers, carte, compte
- Chéquiers : vous devez rendre toutes les formules de chèques, à toutes vos banques. Émettre un chèque malgré l’injonction est une infraction pénale.
- Carte bancaire : l’interdiction ne porte pas sur la carte, mais votre banque peut réduire vos plafonds de paiement sans votre accord.
- Compte : il n’est pas fermé automatiquement. Votre banque peut décider de le clôturer, comme pour tout client, avec un préavis d’au moins deux mois (article L312-1-1) : les règles sont détaillées dans la page sur la clôture d’un compte, y compris par la banque.
Découvert et interdit bancaire
Un découvert, même dépassé, ne rend pas interdit bancaire, pas plus qu’un prélèvement ou un virement rejeté : seul le chèque sans provision non régularisé y conduit. Ces incidents ont d’autres effets, chiffrés par service-public.gouv.fr :
- le dépassement du découvert autorisé donne lieu à des commissions d’intervention plafonnées à 8 € par opération et 80 € par mois, ramenées à 4 € et 20 € pour les titulaires de l’offre réservée aux clients fragiles ;
- un prélèvement ou un virement rejeté coûte 20 € au plus, sans dépasser le montant de l’ordre ;
- un découvert d’au moins 500 € non remboursé 60 jours après une mise en demeure peut entraîner une inscription au fichier des incidents de crédit, le FICP, tout comme deux mensualités de crédit impayées.
À partir du 20/11/2026, toute nouvelle autorisation de découvert, même inférieure à 200 € ou à un mois, sera précédée d’une évaluation de solvabilité proportionnée (ordonnance n° 2025-880 du 03/09/2025) ; les autorisations accordées avant cette date ne sont pas concernées.
Si les impayés s’accumulent au point que vous ne pouvez plus faire face à vos dettes, la procédure de surendettement est gratuite et passe par la Banque de France.
Ouvrir un compte quand on est interdit bancaire
L’interdiction ne vous prive pas d’un compte. Si une banque refuse de vous en ouvrir un et que vous n’en avez aucun en France, vous pouvez exercer le droit au compte, ouvert même aux personnes interdites bancaires, inscrites au FICP ou surendettées (service-public.gouv.fr, fiche « Droit au compte », vérifiée le 28/10/2025) :
- la banque qui refuse doit vous remettre une lettre de refus ; sans réponse de sa part dans les 15 jours, la demande est considérée comme refusée ;
- vous saisissez la Banque de France, en ligne, au guichet ou par courrier, avec le formulaire, une pièce d’identité, un justificatif de domicile de moins de 3 mois, la lettre de refus et une déclaration sur l’honneur de ne pas avoir d’autre compte de dépôt ;
- la Banque de France désigne une banque dans un délai d’un jour ouvré, et celle-ci ouvre le compte dans les 3 jours ouvrés suivant la réception des documents ;
- le compte comprend gratuitement les services bancaires de base : carte dont chaque utilisation est autorisée par la banque, virements, prélèvements, deux chèques de banque par mois, consultation à distance, mais ni chéquier ni découvert.
Les étapes complètes figurent dans la page sur l’ouverture d’un compte et le droit au compte.
Si vous avez déjà un compte, votre banque vous considère comme client en situation de fragilité financière lorsqu’un chèque impayé ou un retrait de carte reste inscrit au FCC pendant trois mois consécutifs (article R312-4-3). Elle doit alors vous proposer, par écrit, une offre spécifique dont le tarif ne peut dépasser 3 € par mois : tenue du compte, carte à autorisation systématique, quatre virements par mois, prélèvements illimités, deux chèques de banque par mois, alertes sur le solde et commissions d’intervention plafonnées. Fin 2024, 1,1 million de personnes en bénéficiaient (Observatoire de l’inclusion bancaire, rapport du 27/06/2025).
Plafond : offre spécifique (OCF) — cotisation mensuelle maximale : 3 €/mois, depuis le 01/11/2014 (offres créées en novembre 2014).
Plafond : frais d'incidents des clients fragiles — titulaires de l'OCF : par mois / par an : 20 / 200 €, depuis le 01/02/2019 (engagement, montants « souhaités par le ministre »).
Plafond : frais d'incidents des clients fragiles — clients fragiles sans OCF : par mois : 25 €/mois, depuis le 01/02/2019 (frais moyens d'incidents constatés 108 €/an en 2024 pour les clients fragiles (OIB 2024)).
Toutes les valeurs relevées (3)
| Date de référence | Moyenne | Panel |
|---|---|---|
| 01/04/2026 | 11,26 €/an | 102 établissements |
| 31/12/2025 | 11,26 €/an | 102 établissements |
| 31/12/2024 | 11,38 €/an | 102 établissements |
Changement de panel (100 → 102 établissements) entre les rapports 2024 et 2026 : l'écart entre le 05/04/2024 et le 31/12/2024 n'est pas une baisse de prix. Date de référence déplacée par l'Observatoire (31 décembre → 5 janvier → 5 avril → 1er avril). Moyennes pondérées par les parts de marché des établissements du panel, toutes clientèles confondues.
Pour comparer les principaux frais de toutes les banques, sans partenaire ni commission, le Comité consultatif du secteur financier propose un comparateur public et gratuit : tarifs-bancaires.gouv.fr.
Source : Observatoire des tarifs bancaires (CCSF), rapport 2026 : tarifs moyens pondérés au 1er avril 2026, panel de 102 établissements ; valeurs antérieures : rapport 2024 de l'Observatoire. Banque de France : données publiques reprises avec mention de la source (conditions des mentions légales à relire, rapport 04). Relevé de la rédaction du 14/10/2026.
Contester une inscription
Une inscription peut être erronée : erreur de la banque, incident dont vous n’êtes pas à l’origine, radiation oubliée après une régularisation. Demandez d’abord la rectification à votre banque, par écrit ou au guichet ; une fois la preuve reçue, elle doit demander la radiation à la Banque de France dans les 2 jours ouvrés. Faute de réponse, saisissez le médiateur de votre banque ; en dernier recours, la CNIL, avec un relevé du FCC de moins d’un mois.
Si des chèques volés ont été émis à votre nom, faites opposition et portez plainte : les gestes à faire sont décrits dans la page sur la fraude bancaire.
Questions fréquentes
Combien de temps dure un interdit bancaire ?
Cinq ans au plus à compter de l'injonction de la banque (article L131-78 du code monétaire et financier). L'interdiction prend fin plus tôt dès que vous avez régularisé tous les chèques impayés. Une interdiction prononcée par un juge, elle, ne peut pas être levée par anticipation.
Un découvert dépassé rend-il interdit bancaire ?
Non. L'interdit bancaire vient d'un chèque sans provision non régularisé. Un dépassement de découvert entraîne des commissions plafonnées, et un découvert d'au moins 500 € non remboursé 60 jours après une mise en demeure peut conduire à une inscription au FICP, un autre fichier de la Banque de France.
Comment savoir si je suis interdit bancaire ?
Votre banque doit vous en informer par écrit, en indiquant le motif. Pour le vérifier, demandez le relevé de vos données à la Banque de France : en ligne depuis votre espace personnel, au guichet sur rendez-vous ou par courrier avec la copie recto verso de votre pièce d'identité. Aucune information personnelle n'est donnée par téléphone.
Peut-on avoir un compte bancaire en étant interdit bancaire ?
Oui. L'interdiction porte sur les chèques, pas sur le compte. Si une banque refuse de vous en ouvrir un et que vous n'en avez aucun en France, le droit au compte permet de saisir la Banque de France, qui désigne une banque tenue de vous l'ouvrir, avec des services de base gratuits.
Comment lever l'interdiction plus tôt ?
Payez directement le bénéficiaire du chèque et remettez-en la preuve à votre banque, ou laissez sur le compte une provision suffisante pour que le chèque soit payé à sa nouvelle présentation. Une fois la régularisation prouvée, la banque doit demander votre radiation à la Banque de France dans les 2 jours ouvrés.
Sources
- Code monétaire et financier, article L131-73 (refus de paiement et injonction), Légifrance — consulté le
- Code monétaire et financier, article L131-78 (délai de cinq ans, régularisation), Légifrance — consulté le
- Code monétaire et financier, article L312-1-1 (résiliation de la convention de compte), Légifrance — consulté le
- Code monétaire et financier, articles R312-4-2 et R312-4-3 (clients fragiles, offre spécifique), Légifrance — consulté le
- Service-public.fr, interdiction d'émettre des chèques (vérifié le 09/10/2026) — consulté le
- Service-public.fr, fichier central des chèques (vérifié le 21/07/2026) — consulté le
- Service-public.fr, incidents de paiement (vérifié le 30/09/2024) — consulté le
- Service-public.fr, refus d'ouverture de compte bancaire : droit au compte (vérifié le 28/10/2025) — consulté le
- Service-public.fr, compte bancaire joint (vérifié le 24/07/2026) — consulté le
- Service-public.fr, fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (vérifié le 25/09/2025) — consulté le
- Service-public.fr, autorisation de découvert : les règles changent le 20/11/2026 (actualité) — consulté le
- Banque de France, mieux comprendre les fichiers d'incidents bancaires — consulté le
- Observatoire des tarifs bancaires (CCSF), rapport 2026 : tarifs au 1er avril 2026 (PDF) — consulté le
- Observatoire de l'inclusion bancaire, rapport 2024 (27/06/2025) — consulté le
Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
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